Agro-industrie

Cacao : la Côte d'Ivoire, cœur battant d'une chaîne de valeur mondiale à plus de 100 milliards de dollars

La Rédaction PCBAoût 20266 min de lectureVérifié & sourcé
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Premier producteur mondial avec 35 à 40 % de l'offre, la Côte d'Ivoire vit une campagne 2025-2026 hors norme : production record d'environ 2 millions de tonnes, cours mondiaux en montagnes russes et bras de fer inédit sur les prix. Décryptage d'un marché dont dépendent 6 millions d'Ivoiriens.

2 M tProduction ivoirienne 2025-2026
35-40 %De l'offre mondiale de cacao
2 800 FPrix bord champ au kg, campagne principale
6 MDe personnes vivent du cacao en Côte d'Ivoire

Un géant qui pèse sur tous les carrés de chocolat

Un carré de chocolat sur trois consommé dans le monde commence dans un verger ivoirien. Avec environ 2 millions de tonnes attendues sur la campagne 2025-2026, la Côte d'Ivoire confirme son rang de premier producteur mondial, loin devant le Ghana. L'offre mondiale, elle, se rapproche des 5 millions de tonnes, un niveau qui redistribue le pouvoir de marché entre producteurs, négociants et chocolatiers.

Derrière ces volumes, une réalité humaine : le Conseil du Café-Cacao estime qu'environ 6 millions de personnes vivent directement ou indirectement de la filière en Côte d'Ivoire. C'est l'épine dorsale de l'économie rurale du pays.

Des cours mondiaux en montagnes russes

Début 2024, la tonne de cacao dépassait les 10 000 dollars sur le marché ICE de New York, un sommet historique provoqué par les déficits de récolte. Depuis décembre 2025, le balancier est reparti dans l'autre sens : les cours se sont effondrés vers la zone des 3 000 à 3 350 dollars la tonne attendue fin 2026.

Conséquence directe pour les planteurs : le prix bord champ officiel fixé par le Conseil du Café-Cacao est passé de 2 800 FCFA le kilo pendant la campagne principale (octobre 2025 à mars 2026) à 1 200 FCFA pour la campagne intermédiaire (avril à septembre 2026), une baisse de 57 % qui a provoqué de vives tensions. En février 2026, près de 200 000 tonnes restaient invendues en raison du différend sur les prix.

La riposte : transformer plus, s'allier avec le Ghana

Face à la volatilité, Abidjan actionne deux leviers. Le premier est industriel : le pays a annoncé une augmentation de 50 000 tonnes de sa capacité de broyage, pour capter davantage de valeur localement plutôt que d'exporter des fèves brutes. La transformation locale, c'est l'étape qui sépare un pays exportateur de matières premières d'une puissance agro-industrielle.

Le second levier est diplomatique : en juin 2026, la Côte d'Ivoire et le Ghana, qui pèsent ensemble plus de la moitié de l'offre mondiale, ont annoncé l'harmonisation de leurs politiques cacaoyères pour faire face à la baisse des cours. Une forme d'OPEP du cacao qui se dessine.

Pourquoi ça compte pour la génération PCB

Agronomie, logistique, négoce, chocolaterie, traçabilité, certification, financement agricole : la chaîne de valeur du cacao recrute des profils très au-delà de la plantation. Pour une jeunesse ivoirienne formée à la data, au commerce et à l'ingénierie, la filière qui a fait l'histoire du pays est aussi l'une de celles qui écriront sa prochaine décennie.

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